S’il existe une justice universelle – et je crois effectivement qu’elle existe -, alors il ne faut pas la réclamer lors d’une manifestation, en arpentant les rues. Aucun pouvoir humain, aucun gouvernement ne peut la fournir parce que, eh bien, ils ne la possèdent pas.

Je comprends la justice universelle comme étant proche du concept oriental de SvaDharma. Le Dharma est la loi universelle – c’est-à-dire la loi de l’évolution, les lois de la nature – toute loi à laquelle nous sommes tous, indistinctement et absolument soumis – comme la loi de la gravitation. Et le SvaDharma peut être compris littéralement comme un « Dharma personnel », non pas comme le fait de devoir suivre une loi « personnelle » (et peut-être différente), mais comme la place que nous occupons, la place que nous pouvons occuper dans cette voie universelle de l’évolution qu’est le Dharma.

Par exemple, nous pourrions considérer l’évolution de la conscience comme l’expansion d’une sphère. Au début, la sphère est très petite et ne peut inclure que nous-mêmes. Ainsi, notre SvaDharma serait d’être conscient de nous-mêmes et d’agir en conséquence. C’est cela la Justice. Mais lorsque la sphère s’agrandit, elle commence à inclure plus de gens. Celui qui est conscient des besoins des autres devrait manifester cette conscience dans ses actes. C’est cela, la Justice. Et si nous pouvons imaginer qu’un seul homme approchant la conscience de toute l’humanité montrerait le Chemin pour tous. Bien sûr, ceux-ci sont extrêmement rare, surtout aujourd’hui, semble-t-il.

Néanmoins, une justice universelle est possible car chacun de nous a son propre SvaDharma. Il nous suffit d’avoir le courage de le trouver et de le suivre. Ne pas demander qu’il nous soit offert par … je ne sais pas qui ou quoi.